Chewie 2 a écrit :JacquesD a écrit :C'est certain, mais le programme spatial ne doit pas avoir les mêmes fournisseurs que les fabricants de motos.
Oui. Comme partout ailleurs dans le monde.
JacquesD a écrit :En Europe quelques moteurs d'avions sortant de chez un constructeur qui fournit les voitures de "Sa Majesté" ont rendu l'âme en explosant en plein vol.
Ce sont deux sociétés bien distinctes depuis près de 50 ans. La marque automobile a été conservée au cours de divers rachats pour des raisons évidentes d'identité commerciale, mais n'a plus rien à voir avec le motoriste aéronautique.
En général, les moteurs d'avions civils "n'explosent" pas, ils brûlent. C'est un requis du cahier des charges et de l'habilitation en vol, pour éviter que des débris projetés ne touchent la cabine pressurisée ou la structure portante de l'aile.
OK ! Néanmoins lorsque le premier moteur RR a explosé en vol sur un A 380 du vol Quantas 32 Londres Sydney via Singapour (en 2010 je crois), un bout de rotor a traversé l'aile gauche, endommagé les circuits électriques et les circuits hydrauliques permettant la vidange du kérosène, car l'avion devant se reposer après 5 à 6 minutes de vol était trop lourd de 140 tonnes, un des trains d'atterrissage ne pouvait descendre que par gravité, le moteur interne gauche ne pouvait plus être stoppé.
Evidement le moteur explosé ne pouvait plus faire de rétro poussée, c'était un vrai bordel à bord.
Ils se sont reposés sur le terrain de Singapour qui a près de 4 km de long, en chauffant les freins au rouge il ne leur restait que 150 m de piste.
Lorsque le moteur est arrivé chez RR pour expertise, ils se sont aperçu qu'un tube d'amenée d'huile dans les paliers du réacteur était mal usiné, il n'avait par endroits qu'une épaisseur de 0,3mm au lieu de 1,3 ou 1,5 mm. L'huile a donc servi de carburant, la régulation d'arrivée de kérosène ne contrôlait plus rien.
A ce moment-là 60 moteurs Rolls-Royce Trend 900 étaient en service, ils ont tous été stoppés et vérifiés, sur 60 moteurs, 34 présentaient le même défaut, soit plus de 56%, ce problème a fait un scandale (très feutré) dans le milieu, avant d'être étalé au grand jour.
Quelques temps après je suis tombé sur un film YouTube ou Rolls-Royce fait voir toutes les précaution prises lors que la fabrication des moteurs Trent, y compris lors des tests au banc d'essais et la destruction volontaire par rupture d'une pale de rotor, afin de vérifier que la carcasse externe du moteur ne cède pas et empêche les débris de sortir de l'enveloppe du moteur.
Le moteur est donc sacrifié malgré sont prix certainement très élevé (25% du prix de l'avion, là je pense qu'ils parlent des quatre moteurs).
Mais lors de l'accident Quantas, ce n'est pas une pale qui s'est détachée, c'est un disque complet de la turbine qui s'est dilaté sous la chaleur, ensuite la force centrifuge provoquée par la survitesse du moteur l'a fait d'éclater, la masse catapultée était bien plus grande que celle d'une simple pale.
Evidemment tout cela n'a pas grand chose à voir avec les anciennes R-Enfield fonte ou EFI, les constructeurs ne jouent pas dans la même cour.
Pour avoir totalement démonté et remonté une dizaine de moteurs RE, dont une 350 de 1952 et une 500 twin de 1950 fabriquées en Angleterre, les autres en provenance d'Inde, je peux dire que la qualité et la précision d'usinage des indiennes étaient assez inégales.
Je ne parle pas de la qualité des matériaux utilisés, puisque je n'ai ni l'outillage, ni la qualification pour en discuter.
Je suis certain que l'équilibrage dynamique du vilebrequin est lui aussi un peu aléatoire, (je ne parle pas du lignage qui est facile à vérifier et à corriger), mais bien du lignage dynamique sur une équilibreuse.
Sur plusieurs machines roulant au même régime, certaines cassent leurs tringles de garde-boue, leurs porte plaque minéralogique et autres misères et d'autres pas du tout.
Il y a donc des différences de finition.
