Je rédige plutôt ce petit écrit non pas pour répéter ce que des journalistes ou motards ont déjà dit sur cette machine dont on connaît les qualités, mais pour compléter leurs propos par la dimension quotidienne et pratique, tout ceci avec objectivité, car si j’adore ma Classic, je suis adepte du « qui aime bien châtie bien ».
Ces 6 000 kms parcourus l’ont été majoritairement par beau temps, une quinzaine d’heures sous la pluie, une douzaine d’heures de nuit. Les 1 000 derniers parcourus cet automne sur routes boueuses et feuillues. Les sorties se sont échelonnées entre 150 kms pour les plus courtes, 400 kms pour les plus longues (par jour). Les itinéraires parcourus sont majoritairement de la voie départementale (pas des grands axes) ou communale ; ici c’est très montagneux et la majeure partie des sorties se traduit par des cols et des itinéraires très vallonnés (je fais un peu exprès, faut dire…).
Je donnerai également mon vécu sur les deux révisions (1 000 kms et 5 000 kms) je mettrai une ou deux photos de la moto pour que vous puissiez juger de son vieillissement.
La moto avant de partir ou au retour.
Débéquillage de la centrale très facile avec la poignée idoine. Le béquillage est moins simple, attention au tour de rein : j’ai mis une planchette dans mon garage sur laquelle je monte la roue arrière pour faciliter la manœuvre. Rien à dire sur la latérale, pratique et stable.
Le nettoyage de la moto est facile et gratifiant, on prend plaisir à faire briller tous ces chromes. Par ailleurs, la moto ne se salit pas trop grâce à ses monumentaux garde-boues. De plus quand elle est sale, ça ne se voit pas trop.
Le plein d’essence (98 ou 95) se fait facilement, sur la centrale, sans dépasser la tôle percée sous le bouchon (le livret d’entretien est très précis sur ce point, donc j‘ai été bête et discipliné). Quand j’ai mis du E10, la moto n’a pas bronché, mais bon, j’aime pas ce truc là, j’en mets le moins possible.
Niveau d’huile par hublot : RAS. Tension de chaine facile avec les outils de la trousse, qui sont d’une qualité correcte. J’ai retendu 4 fois en 6 000 kms.
Comme beaucoup d’entre nous, j’ai dû remonter le sélecteur, avec démontage du faux cadre : je sais que certains sont arrivés sans ce démontage, pour moi, désolé, c’était indispensable. Durée : une petite heure, en prenant tout son temps.
J’ai également remonté deux fois le faisceau du phare qui éclairait bien trop bas, l’opération est enfantine avec un simple cruciforme.
La moto en roulant.
Tenue de route impeccable. Freinage en adéquation avec l’esprit de la moto, donc parfait pour moi. Je peux même dire que sur des descentes de col roulantes, il fait le job d’une façon sportive, en combinant bien avant-arrière. Du vrai pilotage à l’ancienne, de quoi donner le sourire.
Les pneus sont plutôt bien : bonne accroche sur le sec, sur le mouillé aussi mais je roule prudemment : donc pas de décrochage ou de frayeur dans ce contexte. Je m’attendais à pire vu leur exotisme, je suis favorablement impressionné. On verra la suite cet hiver…
Le confort : eh ben, là, clairement, ça le fait pas. Suspensions beaucoup trop raides, typées roadster, donc pas du tout en phase avec une utilisation rurale comme la mienne. J’ai viré les amortisseurs arrière et les ai remplacé par des Hagon. Je ferai un petit post sur ce sujet.
Un mot aussi sur la position de conduite : un peu spéciale, les pieds en avant et écartés. Pour rouler longtemps, mon truc (je fais 1.80m) : s’asseoir très en arrière sur la selle, carrément sur le bourrelet, et poser les pointes de pied sur les pose-pieds. Tout ça quand on ne freine pas ou qu’on ne change pas de vitesses. Avec cette position, je peux en quiller jusqu’à 400 kms dans la journée sans courbature ou crispation. Pour conclure, c’est spécial mais je me suis bien adapté.
Un mot sur le duo, c’est vraiment pas glop, à n’envisager qu’exceptionnellement.
Les rapports de boite et la démultiplication sont bien adaptés à la plaine ou à des contextes collinaires : en montagne ça tire un peu long dans les longues montées mais bon, ça le fait. La boite est excellente : douce, précise : que du bonheur.
L’éclairage de nuit est bon en code, un peu moins en phare avec un faisceau qui manque un peu d’homogénéité mais, bon, ça le fait au vu des performances et de l’esprit de la machine.
Le tableau de bord est plaisant. Le voyant de réserve s’allume de façon très prématurée, pas besoin de flipper avant de chercher une pompe, il y a de la marge… A signaler les voyants de clignotants pas très visibles.
Enfin, un mot sur la consommation, vraie de vraie, calculée à la calculatrice à chaque plein : entre 2,7 litres et 2,9 litres. Le maximum correspond à mes roulages avec les grosses sacoches souples Gericke.
Conclusion : le vieillissement, l’usure et les coûts et…mes remarques et mon ressenti.
Le vieillissement de la moto est excellent, elle présente comme une neuve. J’étais interrogatif sur le pot d’échappement, eh bien voyez les photos : Enfield a bien progressé sur ce plan. Les pneus ne sont pas très usés. J’ai retendu le câble d’embrayage qui devenait molasson vers 5 000 kms. A signaler une ampoule de veilleuse grillée (les lumignons au dessus du phare que le concessionnaire m’a présenté comme des feux de jour).
Sinon que dalle.
La moto a toujours bien démarré après une nuit sous l’orage ou les sessions pluvieuses. La seule fois où elle a eu des ratés, c’est lorsque j’ai dépassé les 12 litres consommés dans le réservoir : comme il en fait 13 la pompe à essence a commencé à désamorcer juste avant que je trouve enfin une station.
Une dernière info sur le coût des révisions : la première à 500 kms (dans les faits la moto en avait 1 000) m’a été facturée 324 €.
Ouch ! On m’a expliqué qu’il y avait un réglage des soupapes, à priori avec un dépastillage ( ? ). Et aussi on m’a prêté une moto pour repartir chez moi et revenir le lendemain. Mais bon, j’ai trouvé ça hors de prix et ça va le refaire pour la révision des 10 000… La révision des 5 000 kms facturée 185 €.
Re-ouch ! Une simple vidange avec 2,2 l d’huile 15W50… On n’est plus en accord avec le concept de la petite moto économique… Et puis c’est quoi cette histoire de révision tous les 5 000… ?
Sur ma Sanglas, je le comprenais. Sur un moteur moderne, franchement, je m’interroge.Bon je vais pas finir sur une râlante, désolé, donc je vais revenir sur le positif : je l’aime bien cette moto. Hormis le confort, c’est du tout bon. Nos amis indiens ont tout compris avec cette bécane simple, frugale et plaisante (le propos peut s’étendre à toute la gamme RE). De la gastronomie fine là où la majeure partie des constructeurs nous proposent des hamburgers ou kebabs bien gras : 160 chevaux pour rouler à 80, faut oser. Mais bon, tant que ça se vend…
Pour ma part, je vais continuer mes ballades bucoliques avec la truffe au vent et le sourire aux lèvres : j’ai tous les symptômes du virus Enfield 19, le port de masque n’y a rien fait. Est-ce que j’en réchapperai ? La suite au prochain épisode si je n’en succombe pas… A plus, les camarades !
La moto, photos prises en cette fin novembre 2022 :




Malheureusement pour moi, la facture a été une réalité..
