Oui camarades,
il est temps de revenir aux fondamentaux ! Ne nous laissons pas assimiler par les tenants du tout électronique, refusons l’amollissement par l'injection et le démarreur électrique ! Balayons de notre dédain le confort bagager d'un top-case !
Vive l'incertitude qui fait le sel de l'existence du Bulletiste traditionnel, vive la résistance aux sirènes d'un pseudo progrès qui ne profite qu'à ses promoteurs !
Debout camarades ! De la possibilité d'une casse moteur nait la lutte contre les éléments corrupteurs qui conduisent au renoncement de l'état de motard dans sa substantifique moelle... car c'est dans le suintement d'huile et les délicates effluves d'essence s'échappant de robinets incontinents que se forge l'âme du Bulletiste !
C'est par le truchement des vibrations déglinguant les pattes de garde-boue, au rythme des boulons semés sur l'asphalte turgescent que nous affirmons notre volonté de vivre libres et dégagés de la contrainte des diktats commerçants, tournant le dos à la vilénie du consommable.
Suivons l'exemple de notre camarade Jeep91 qui force l'admiration avec ses pannes que nul ailleurs qu'ici ne croirait encore possible... Lui seul est capable de claquer le joint de culasse d'une moto roulant à ses côtés, il n'a pas d'égal pour serrer un frein moteur, aucune chambre à air ne résiste à ses envies de sortir la trousse à outils : sa constance force le respect, camarades ! Et aussi, rallions-nous à Yvemetz qui tient tête à une boîte à graisse jusqu'à deux heures du matin sur le sol d'un gymnase perdu au fin des terroirs les plus improbables !
Gloire à Limobull qui ne se rend pas malgré avoir descendu un embiellage, des roulements et un piston éclaté façon puzzle !
Et vive notre camarade Hourdequin dont la seule présence sur les routes de France suffit à rendre à jamais inutiles les radars automatiques incapables du moindre flash à son approche ! (on a essayé en rentrant de Vanosc, en faisant des gestes obcènes, même à toc ça flashe pas !)
