troisième leçon
Posté : 20 mai 2010, 10:33
Dans la rubrique Adémaï fait de la moto je reprends la narration de mes apprentissages sidoniriques.
Cette fois, conduite en charge sur routes de montagne cantalienne, St-Juju certified.
Pour des raisons de temps, de choix esthétiques et de pas pouvoir faire autrement le principal de la charge est placé sur le side, soit 150 kilos partagés entre panier, passagère et bagages (non je n'ai pas écrit que ma passagère pèse 150 kg). Si on ajoute la moto et le pilote ça doit flirter avec les 350. Dès le départ l’inertie du side me saute…aux mains. L’assiette a changé, l’amorto du panier est enfoncé par le poids et il est devenu comme mou, ça penche un peu à droite. En contrepartie il ne saute plus au moindre cahot. Bien que roulant sur le plat l’effort à fournir sur le guidon se fait sentir à la moindre accélération (qui ici est un grand mot). Le freinage devient carrément symbolique mais le passage au frein des courbes en descente à gauche s’annonce diablement rigolo.
Fidèle aux préceptes Enfieldiens je sélectionne les petites routes en jaune et blanc. Je ne vais cependant pas tarder à regretter qu’il n’existe pas encore de carte routière en trois dimensions. En effet, voici les premières montées et il va falloir tractionner chaque fois sur entre dix et vingt bornes. Evidemment, dans ce cas la moto tend naturellement à dépasser le side, ça tire à droite, faut pas mollir, surtout avec mes miches de rat vu que j’ai pas encore repris l’aviron.
Le pire cependant reste à venir. Le paysage se vallonne, dirait-on joliment dans les ouvrages touristiques. Je ne m’étends pas sur la première descente où ce con de ralenti passe en mode accéléré-que-tu-peux-pas-lâcher-une-main-pour-le-faire-taire-et-qu’alors-le-freinage-te-fait-partir-à-gauche-dans-les-virages-à-droite, et c’est l’attaque de la butte d’en face, un truc d’au moins 10 pour cent où tu comprends qu’il ne faudra suuuurtout pas croiser le camping car de service vu qu’y a pas la place mais alors pas du tout et, rempli d’angoisse, tu t’imagines déjà redescendant en marche arrière debout sur les freins avec la roue avant qui soulage.
Dans cette ambiance à forte psychologie appliquée il faut imaginer en plus le travail de ce pauvre cadre à qui l’on donne là l’occasion d’exprimer ses extraordinaires qualités d’adaptation routière et de particulièrement remarquable souplesse. Dans des montées pareilles, où il est vital de garder l’accélération « à fond » de 2, chaque virage à gauche (serré comme un expresso bien sûr) est un nouveau défi lancé à ton sens de la maîtrise des forces antinomiques que le dieu des croyants a imposées à notre pauvre monde en général et à tes petits muscles d’épaules en particulier.
Et puis, et puis, voilà le sommum des embrouilles, le lacet à droite, mais oui tu sais bien, celui qui fait comme un mur à franchir, ça passera pas en 2 faut tomber en 1 et puis celle-là tu la sens qui rigole, bien verrouillée sous ton pied frénétique, trop tard t’es presque arrêté-bon-ben-faut-y-aller-avec-l’embrayage. Et tu l’imagines, ton petit tas de discounets si petits si petits qui frottent à s’en faire sortir la fumée par le joint du carter pendant que ton bras oscillant crie son agonie en faisant frotter le pneu contre le garde-boue.
Des plombes comme ça et quand, nouvel Ulysse victorieux tu cherches un peu d’admiration dans le regard de ta Pénélope tu y lis surtout qu’elle a dû longuement réprimer une forte envie de pisser.
Ta fierté, tu iras finalement la chercher en comptant les rayons de la roue arrière pour constater que grâce à ton exceptionnelle sensibilité mécanique tu n’en as pas cassé un seul.
Yesssss.
Cette fois, conduite en charge sur routes de montagne cantalienne, St-Juju certified.
Pour des raisons de temps, de choix esthétiques et de pas pouvoir faire autrement le principal de la charge est placé sur le side, soit 150 kilos partagés entre panier, passagère et bagages (non je n'ai pas écrit que ma passagère pèse 150 kg). Si on ajoute la moto et le pilote ça doit flirter avec les 350. Dès le départ l’inertie du side me saute…aux mains. L’assiette a changé, l’amorto du panier est enfoncé par le poids et il est devenu comme mou, ça penche un peu à droite. En contrepartie il ne saute plus au moindre cahot. Bien que roulant sur le plat l’effort à fournir sur le guidon se fait sentir à la moindre accélération (qui ici est un grand mot). Le freinage devient carrément symbolique mais le passage au frein des courbes en descente à gauche s’annonce diablement rigolo.
Fidèle aux préceptes Enfieldiens je sélectionne les petites routes en jaune et blanc. Je ne vais cependant pas tarder à regretter qu’il n’existe pas encore de carte routière en trois dimensions. En effet, voici les premières montées et il va falloir tractionner chaque fois sur entre dix et vingt bornes. Evidemment, dans ce cas la moto tend naturellement à dépasser le side, ça tire à droite, faut pas mollir, surtout avec mes miches de rat vu que j’ai pas encore repris l’aviron.
Le pire cependant reste à venir. Le paysage se vallonne, dirait-on joliment dans les ouvrages touristiques. Je ne m’étends pas sur la première descente où ce con de ralenti passe en mode accéléré-que-tu-peux-pas-lâcher-une-main-pour-le-faire-taire-et-qu’alors-le-freinage-te-fait-partir-à-gauche-dans-les-virages-à-droite, et c’est l’attaque de la butte d’en face, un truc d’au moins 10 pour cent où tu comprends qu’il ne faudra suuuurtout pas croiser le camping car de service vu qu’y a pas la place mais alors pas du tout et, rempli d’angoisse, tu t’imagines déjà redescendant en marche arrière debout sur les freins avec la roue avant qui soulage.
Dans cette ambiance à forte psychologie appliquée il faut imaginer en plus le travail de ce pauvre cadre à qui l’on donne là l’occasion d’exprimer ses extraordinaires qualités d’adaptation routière et de particulièrement remarquable souplesse. Dans des montées pareilles, où il est vital de garder l’accélération « à fond » de 2, chaque virage à gauche (serré comme un expresso bien sûr) est un nouveau défi lancé à ton sens de la maîtrise des forces antinomiques que le dieu des croyants a imposées à notre pauvre monde en général et à tes petits muscles d’épaules en particulier.
Et puis, et puis, voilà le sommum des embrouilles, le lacet à droite, mais oui tu sais bien, celui qui fait comme un mur à franchir, ça passera pas en 2 faut tomber en 1 et puis celle-là tu la sens qui rigole, bien verrouillée sous ton pied frénétique, trop tard t’es presque arrêté-bon-ben-faut-y-aller-avec-l’embrayage. Et tu l’imagines, ton petit tas de discounets si petits si petits qui frottent à s’en faire sortir la fumée par le joint du carter pendant que ton bras oscillant crie son agonie en faisant frotter le pneu contre le garde-boue.
Des plombes comme ça et quand, nouvel Ulysse victorieux tu cherches un peu d’admiration dans le regard de ta Pénélope tu y lis surtout qu’elle a dû longuement réprimer une forte envie de pisser.
Ta fierté, tu iras finalement la chercher en comptant les rayons de la roue arrière pour constater que grâce à ton exceptionnelle sensibilité mécanique tu n’en as pas cassé un seul.
Yesssss.



sans trop te préoccuper des réglages à la Ago et tu ouvres en grand, le reste , paquet ou pas , n'a qu'à suivre ! 